Quoi ? : Exposition sur le commerce illicite des espèces sauvages
Quand ? : 12 février au 4 septembre 2022 / Tous les jours sauf lundi de 9 à 18.00
Combien ? : Gratuit
Des Questions ? : 04 91 14 59 50
Un lien ? : Cliquez-ici

Réalisée en collaboration avec la Douane française et l’Office Français de la Biodiversité, cette exposition atypique du Museum d’Histoire Naturelle de Marseille analyse les causes et les conséquences du commerce illicite des espèces sauvages sur la biodiversité.

Au premier étage du Muséum d’histoire naturelle qui vient tout juste de fêter ses deux cents ans, un énorme et rare lion blanc vous accueille nonchalamment allongé . Saisi par les douanes il y a quelques années, cet animal naturalisé aurait sans doute dû terminer son voyage dans le salon d’un riche collectionneur.

Ancien symbole du luxe dans la mode pour leur peux rare, trophée de chasse pour les amateurs de safari, le lion comme d’autres félins est devenu ces dernières années un nouvel animal de collection avec lequel on s’affiche. On ne compte plus les clips de rap où les artistes se promènent avec des félins, devenus les symboles malgré eux d’une puissance que l’on dompte.

Autour d’Anne Médard, la conservatrice en chef, les équipes du Museum ont produit en interne cette exposition,  dans la continuité du Congrès Mondial de la Nature (IUCN) qui a eu lieu à Marseille en septembre 2021.

La scénographie a pris le parti de mettre en scène les différentes espèce saisies dans des containers, symboles de ce trafic mondialisé, au 4e rang de rentabilité après les trafics d’armes, d’êtres humains et de drogue.

Si ce marché est si important, c’est qu’il y a eu (et qu’il y a encore) une forte demande. Et l’exposition d’analyser les différentes secteurs qui ont contribué au prélèvement et les mise en dangers de nombreuses espèces rares. Depuis le secteur du luxe, grand consommateur de peaux rares, jusqu’à la pharmacopée (principalement asiatique) qui prête à certains animaux des vertus de tonus, puissance voire aphrodisiaque (corne de rhinocéros, bile d’ours ou encore les tristement célèbres écailles de Pangolin) en passant par les espèces exotiques d’animaux et d’oiseaux devenues des must have pour certains collectionneurs.

 

L’exposition s’appuie sur de nombreux spécimens issus du Muséum, mais aussi de prêts des muséums de Toulon-Var et d’Aix-en-Provence. Elle rappelle que ces pratiques illicites ne concernent pas seulement des animaux et plantes exotiques, mais aussi des espèces locales comme l’oursin ou le poulpe prélevés parfois abusivement lors des périodes de reproduction.

Des nombreux panneaux informent sur les nouvelles réglementations en vigueur quant au fait de prélever, détenir, acheter, vendre ou transporter des espèces protégées. Ces règles sont de plus en plus strictes, qui n’empêchent bien sûr pas la contrebande, aident néanmoins à prévenir la disparition de nombreux animaux en danger d’extinction.

 

Dans la continuité de la visite, la Salle de Provence, classée au titre des monuments historiques, prouve que sans ces mesures de nombreuses espèces comme le homard bleu que l’on pêchait encore en début de siècle dans la rade de Marseille ou le vautour fauve observé il y a moins de cent ans dans les collines autour de la ville, pourraient disparaître de nos territoires.

Le Petit Plus : De nombreuses visites pédagogiques sont dédiées aux enfants (renseignements sur leur site)

Par Eric Foucher