Du 28 au 30 août 2026, Art-o-rama fête sa 20e édition à la Friche la Belle de Mai. Trois jours pour découvrir les artistes qui feront l’actualité de demain, croiser collectionneurs et curieux, puis prolonger la balade dans une ville tout entière passée en mode art contemporain. À Marseille, la rentrée n’attend décidément pas septembre.
D’un pari marseillais à un rendez-vous international
L’histoire commence bien avant les cimaises de la Friche. Dans les années 1990, le galeriste marseillais Roger Pailhas imagine Art Dealers, une foire atypique réunissant huit jeunes galeries internationales dans son propre espace.
Après sa disparition en 2005, deux de ses collaborateurs, Jérôme Pantalacci et Gaïd Beaulieu, décident de poursuivre l’aventure. Art-o-rama naît en 2007, avec une première édition accueillant cinq galeries et des stands conçus comme de véritables projets curatoriaux.
Vingt éditions plus tard, l’ADN n’a pas changé : une jauge volontairement humaine, une sélection exigeante et une attention particulière portée aux scènes émergentes.
Art-o-rama est ainsi devenu le premier salon international d’art contemporain du sud de la France et une porte d’entrée vers les grandes foires européennes, sans perdre ce mélange très marseillais de décontraction et d’audace. Une histoire confirmée par les archives du Prix Roger Pailhas et le témoignage des premiers soutiens du salon, dont Mécènes du Sud.
Le In : quarante galeries et quelques belles secousses
Pour cette édition anniversaire, le dossier de presse annonce 40 galeries venues de 18 pays et de quatre continents, dont 19 participent pour la première fois.
Une géographie XXL dans un format qui reste suffisamment compact pour prendre le temps de regarder, discuter et, pourquoi pas, acheter.
Aux galeries s’ajoutent neuf éditeurs, une section consacrée au design contemporain et plusieurs projets invités. Parmi eux, Toomanyrecordss de Davide Bertocchi et Sergio Verastegui transforme des vinyles confiés à des artistes en pièces uniques : une discothèque à regarder autant qu’à écouter.
Autre passage obligé : les Showrooms des Prix Région Sud, véritables accélérateurs pour la jeune création locale. Le volet Art est confié au commissaire Pierre-Antoine Lalande, tandis que Justinien Tribillon orchestre la sélection Design.
Les lauréat·es bénéficieront d’une bourse et d’un espace dédié lors de l’édition suivante. À ces distinctions s’ajoutent notamment le Prix Roger Pailhas, qui récompense depuis 2015 le meilleur projet curatorial du salon, ainsi qu’une série de prix privés et institutionnels annoncés tout au long du week-end.
Art-o-rama ne se contente toutefois pas d’aligner les stands. Films, performances et conversations font respirer le parcours. Le détail est disponible dans le programme officiel.
Le Off : Marseille devient une galerie à ciel ouvert
Le meilleur moyen de vivre Art-o-rama consiste peut-être à ne pas rester à Art-o-rama. Dès le 26 août, galeries, ateliers, lieux hybrides et institutions lancent une véritable course de vernissages à travers Marseille.
Parmi les rendez-vous à cocher, Polyptyque investit les Docks Village du 28 au 30 août et remet la photographie contemporaine au centre du cadre avec deux prix, l’un consacré aux artistes de la région, l’autre au livre photographique.
À quelques stations de métro, SYSTEMA rassemble au Palais Carli des structures indépendantes et des artist-run spaces, avant une afterparty qui promet de prolonger les débats jusque tard dans la nuit.
La jeune scène marseillaise se découvre aussi portes grandes ouvertes : les ateliers d’Artagon accueillent visites, rencontres, projections, vente d’œuvres, concerts et DJ sets.
Au Couvent, l’exposition Land Escapes réunit Budhaditya Chattopadhyay, Sourav Chatterjee et Annabel Schenck. À la Cité Radieuse, Kolektiv présente Produktion/Reproduktion, autour de Lucia Moholy et de la question des archives manquantes.
Et dans le centre-ville, sissi club, Tchikebe, Double V Gallery, Fotokino, le PAC, Vidéochroniques et une foule de lieux plus secrets composent un parcours foisonnant.
Les institutions prennent également part à la fête, du Mucem au musée d’Art contemporain, en passant par la Vieille Charité et Triangle-Astérides. Autrement dit, inutile d’essayer de tout voir. Il vaut mieux choisir un quartier, pousser les portes et accepter de se laisser dérouter. Le programme quotidien et les dernières mises à jour sont regroupés sur la page officielle Hors les murs.
Par Eric Foucher / Photos Art-o-rama









