Rue Sainte, cette devanture rouge attise la curiosité et donne le ton. Derrière Nikki, Laura compose un vestiaire de seconde main nourri de références mode, de nostalgie couture et d’un goût sûr pour les pièces qui sortent du rang. Une échoppe bien léchée, qui marche au coup de cœur.
Tout feu, tout femme
Nikki, c’est d’abord un surnom né d’une soirée entre copines et d’un petit exploit à l’airsoft… Des années plus tard, il refait surface au moment de baptiser la boutique : Nikki pour le shop, Nikki La Flamme sur les réseaux sociaux. C’est efficace, percutant, stylé.
Un nom d’héroïne des temps modernes, quelque part entre panache pop et mordant façon Kill Bill.
L’amour de la fripe, lui, ne date pas d’hier. Ado, Laura pioche déjà dans les placards de ses parents pour se saper sans trop dépenser. Étudiante à Lyon, elle bosse dans une friperie et affûte son flair de chineuse. Après des études d’urbanisme et de communication et une expérience dans le prêt-à-porter, l’envie d’un projet à son image finit par gagner. Ventes sur Vinted, création de l’identité Nikki avec un ami directeur artistique, constitution du stock… L’aventure se dessine jusqu’à ce que Laura déniche son adorable QG marseillais.
Rue Sainte, Nikki est née : petit format, forte personnalité.
Flair du temps
Chez Nikki, pas de pièces empilées où il faut jouer des coudes.
La sélection est courte, lisible et constamment renouvelée : « une pièce sort, une autre entre » confirme Laura.
Cette experte chine en vide-greniers, chez des grossistes – toujours à l’unité – sur Vinted, mais récupère aussi moult pépites dans les placards de son cercle intime. « C’est mon cœur que je mets dans les rayons » : pas de plus noble intention.
Son vestiaire ? Une féminité pleine de lignes franches – working girl juste ce qu’il faut – piquée de streetwear bien sourcé et d’un sacré sens du cool. « J’adore l’esthétique des années 2000 » : pas question pour autant de verser dans l’excès de retro.
Laura mise sur des pièces qui traversent le temps, des vestiges mode avec LE détail qui les remet pile dans l’époque.
Une robe immaculée aux volumes très Jacquemus, une soie camouflage toute en fluidité, une chemise d’homme, « piochée dans le vestiaire de mon beau-père », au tombé ultra relax, un top printé en mesh d’un bleu Marseillais … Chez Nikki, les références se croisent en beauté, le style s’exprime en liberté.
Sweet street
À l’extérieur, un rouge qui claque, une structure graphique et, sur la vitrine, une silhouette au lance-flammes qui signe l’identité bien trempée du shop. À l’intérieur, on baisse d’un cran : pierre apparente, teintes chaleureuses, suspensions en papier plissé d’inspiration nippone, portants aérés et playlists bien calibrées.
Une mise en scène joliment orchestrée, où « les clientes n’ont pas besoin de fouiller ».
Et il y a la rue Sainte. Laura, « femme de Vauban », y a retrouvé cette vie de quartier qu’elle chérit : le troquet d’en face et son inimitable aïoli du vendredi, le fleuriste d’à côté, les voisins qui se saluent et le tempo tranquille de la rue, calé sur l’heure du Sud.
Les habituées sont comblées, les curieuses reviennent, les touristes poussent volontiers la porte vitrée et l’accueil, si spontané, fait le reste.
Laura, c’est un concentré de grâce et des conseils mode savamment distillés. Voilà pourquoi Nikki n’a pas fini de nous (r)habiller.
Le Petit Plus : chaque premier dimanche du mois, Nikki s’exporte au Nido, avec deux portants sur-mesure. Une sélection qui sort des murs dans un spot qui pulse.
Texte et photos par Pauline Puaux









