Quoi ? : Librairie spécialisée en mangas
Où ? : 49 cours Pierre Puget 13006 Marseille
Quand ? : Lundi de 14 à 19.00/Mardi à Samedi de 10 à 19.00
Transport ? : M1 Estrangin Préfecture/ Bus 41, 54 et 60
Des Questions ? : 04 91 48 53 24
Un lien ? : Cliquez-ici

L’histoire de Tsundoku, c’est celle d’une porte que l’on pousse presque par hasard… et d’un univers précis dans lequel on plonge avec insouciance. Située cours Pierre Puget, cette librairie japonaise rassemble aussi bien les passionnés que les curieux. Autour du manga et de ses nombreuses influences, se trouve un même plaisir : celui d’expérimenter, de feuilleter et de collectionner.

Une librairie qui se lit et qui se vit

Une fois le seuil franchi, place au voyage. Depuis son ouverture, en 2022, la librairie Tsundoku s’est imposée comme LE repaire des amateurs de mangas : elle est aussi une porte d’entrée (bien dessinée) pour la curiosité. Pour co-gérer cette adresse, il y a Fanny et Fred– fans assumés de culture japonaise – entourés aujourd’hui d’Antoine et Julie, duo de libraires passionnés. Ici, tout part d’un mot qui n’existe qu’en Japonais : « Tsundoku, c’est le syndrome d’acheter et d’empiler les livres encore et encore » traduit Fanny, de la malice dans les yeux.

Et chez Tsundoku, difficile de se disperser. La spécialité est claire : le manga, et rien que le manga (ou presque).

Avec près de 15 000 références, la sélection y est pointue, enrichie de littérature japonaise, de BD et d’objets soigneusement sourcés. Figurines, baguettes, tasses inspirées de l’univers Ghibli… chaque détail prolonge l’expérience sinophile.

Mais ce qui fait toute la différence, c’est l’humain. Ici, on conseille, on échange, on partage. Que l’on soit collectionneur aguerri ou lecteur en herbe, chacun déniche l’ouvrage qui lui sied. « Cette transmission, c’est la partie cool de notre métier » ajoute Fanny. On a même un meuble entier dédié aux recommandations de l’équipe ». Tsondoku rime donc avec sincérité, équipe investie et passion bien distillée.

Une immersion grandeur nature

Difficile de raconter Tsundoku sans évoquer son décor. Étendue sur plus de 300 m², la librairie a été imaginée par Mathieu Bablet, auteur de BD à succès.

Résultat : un lieu fourmillant, habité, pensé comme une immersion progressive et spectaculaire.

Dès l’entrée, le regard est happé par les fresques signées Atelier Sentô et les lampions traditionnels en suspension. Puis, au fil du parcours, les murs se parent de planches de manga exposées et régulièrement renouvelées.

En contrebas, surprise : une véritable reconstitution de ruelle japonaise où l’on peut s’arrêter pour un thé, un café, une limonade fluo et des mochis rondelets.

L’apogée de cette pérégrination d’exception ? Le Ryokan, espace inspiré des auberges traditionnelles japonaises, avec tatamis et papier de riz. « Un lieu hybride, entre regard contemporain et respect des traditions ».

Une passion rassembleuse et sans distinction

L’autre force de Tsundoku, c’est la diversité de sa clientèle. Des enfants tout petits (dès 2 ans et demi) aux sexagénaires, des visiteurs de passage aux fidèles adorateurs… Le manga, ici, ne connaît pas d’âge. Et Marseille s’y prête comme jamais, avec une scène manga qui ne demande qu’à s’étoffer. Mais la mission de Tsundoku c’est d’élargir les horizons, en sortant des carcans pour de bon.

En 2026, la librairie repense même son organisation interne pour abandonner les catégories genrées et proposer un classement plus ouvert, plus libre, plus accessible.

Et puis, il y a tout ce qui fait « vibrer » l’enseigne au quotidien : dédicaces d’auteurs remarquables comme Junji Ito, ateliers créatifs, cours de dessin, conférences, initiations bien rodées pour les plus jeunes… Tsundoku n’est pas seulement une librairie, c’est un terrain d’exploration. Si l’on vient d’abord pour un manga, on repart souvent plein d’un souvenir percutant, aussi instructif qu’émouvant.

Le Petit Plus : derrière les pépites en rayons, ce sont des heures de lecture et de veille réalisées par l’équipe sur place. Ici, chaque conseil vient du vécu.

Par Pauline Puaux / Texte et photos