Avec Tranches, Caroline et Anthony replacent la charcuterie artisanale au cœur de la vie de quartier. Leur ambition ? Faire rayonner un métier ancien sans négliger la fraîcheur, une identité forte, l’humour et le partage.
Un projet réfléchi, aussi moderne que tradi
Dans le quartier bouillonnant d’Endoume, une nouvelle échoppe vient titiller la gourmandise des locaux et venants, au rythme de lames affutées et de produits bien sourcés. La charcuterie Tranches, qu’est-ce que c’est ? C’est le projet mûrement réfléchi de Caroline et Anthony, des époux lumineux : Anthony , charcutier depuis 11 ans – et artisan médaillé au mondial du saucisson – et sa femme Caroline ont la noblesse de la charcuterie dans le sang.
Après deux ans de démarches et forts d’une installation géographiquement parfaite – dans l’ex-Épicerie d’Endoume), leur charcuterie est vite devenue art de vie.
Le nom ? « Des tranches, c’est ce qu’on fait toute la journée ! Et ça rappelle l’idée de tronche, un mot bien connu du jargon marseillais » explique Caroline.
Ici, le duo (souvent complété par leur petite fille de 6 ans, première goûteuse de mortadelle) a imaginé une adresse vivante, familiale, où tradition et image soignée cohabitent en beauté.
Revendiquer le goût du vrai
Côté proposition, Tranches joue la carte d’une charcuterie maison à l’ancienne et de qualité locale : « nos cochons sont élevés près de la Sainte-Victoire », précise Anthony. C’est donc un savoir-faire ciblé et gourmet qui est décliné : jambon canon, caillette, saucisse au fenouil, pâté en croûte, saucisson brioché … des classiques revisités dans la forme ou même twistés, comme le boudin tranché.
À cela s’ajoute une sélection béton de spécialités italiennes, ibériques ou basques, pensée comme un prolongement malin de leur gamme locale.
Une nouveauté à noter ? Le chef marseillais Renaud Perrin s’est joint à cette équipe soudée et propose des plats cuisinés à emporter (daube, petits farcis, lasagnes… miam !). Au fil des saisons, prédomine une seule obsession : la qualité de la matière première et le respect d’un artisanat loin des effets de mode.
Ambiance de village et tranches de vie
À peine franchie la porte d’entrée, l’esprit de Tranches est annoncé et servi sur un plateau comme, ce jour, ce si charnu Lonzu : dans cette enseigne contemporaine et conviviale, on goûte, on discute, on rit — loin des comptoirs aseptisés et souvent impersonnels. L’adresse cultive une atmosphère de village, fidèle à l’âme du quartier d’Endoume, où se croisent familles, jeunesse foodeuse, habitués et retraités. Cette clientèle éclectique est unie par le plaisir du bon produit.
Autre corde à leur arc, qui reflète leur sens du collectif ? Des collaborations bien senties avec des restaurateurs marseillais renommés (Traversin, Honoré, La Cave de Baille…).
« On envisage d’ailleurs un pâté en croûte terre/mer avec le chef Benjamin Mathieu ». Un hit gustatif qui promet de faire des heureux. Plus qu’une boutique, Tranches raconte une philosophie de vie : celles d’un quartier, d’une famille « de métier » et d’une transmission pleine de fierté.
Par Pauline Puaux – texte et photos









