Quoi ? : Restaurant de cuisine familiale (petit-déjeuner, déjeuner et goûter)
Où ? : 1 rue fongate 13006 Marseille
Quand ? : Lundi > Vendredi de 8 à 17.00
Des Questions ? : 06 86 70 51 33 / contact@chezmameto.com
Un lien ? : Cliquez-ici

À rebours des coffee shops calibrés et des décors trop léchés, Chez Mameto préfère le charme du familier. Dans ce petit restaurant de la rue Fongate, Claire cuisine comme à la maison, du petit-déjeuner au goûter, avec une idée bientôt au cœur du projet : inviter des retraités derrière les fourneaux pour remettre leurs recettes et leur savoir-faire au goût du jour

Du design aux fourneaux, il n’y avait qu’un plat

Avant de passer derrière les fourneaux, Claire maniait plutôt les identités visuelles et les packagings. Diplômée de Strate, école de design industriel à Paris, elle découvre pourtant très tôt la restauration à travers ses jobs étudiants et se prend au jeu.

À seulement 24 ans, en 2017, elle ouvre avec un associé un premier restaurant parisien consacré aux baos, alors encore peu répandus. Deux années intenses plus tard, elle quitte l’aventure pour revenir au design, d’abord en agence puis en freelance.Mais l’appel des fourneaux finit par la rattraper.

Arrivée à Marseille il y a deux ans et demi, Claire mène quelque temps ses deux vies en parallèle. Elle se forme au café à L’Éclectique, aux Réformés, puis prend en charge le pôle café et petit-déjeuner du Marché des Argonautes. Une expérience qui lui remet en tête tout ce qu’elle aime dans la restauration : imaginer une carte, construire une offre, recevoir et créer du lien.

Fin 2025, plutôt que de poursuivre en CDI, elle décide qu’il est temps de remonter un restaurant. Cette fois, seule.

Quelques mois plus tard, Chez Mameto ouvre rue Fongate, tout en bas du Cours Julien. Le local était auparavant une sorte de dark kitchen, fermée sur elle-même par ses frigos et ses cloisons. Claire fait tout l’inverse : elle ouvre l’espace et surtout la cuisine, visible de tous.

« Je veux vraiment ici que la clients se sentent à la maison », résume-t-elle.

Une cuisine et un décor comme à la maison

Pas de murs blanc immaculé, de mobilier standardisé ou de mise en scène pensée pour Instagram. Chez Mameto, Claire revendique justement un décor familier plutôt qu’un décor à la mode. Quelques tables, une cuisine ouverte, des objets chinés ou personnels et, bientôt, des miroirs et de vieux articles aux murs.

Le lieu se construit progressivement, comme un intérieur que l’on habite.

Même les serviettes sont des pièces uniques confectionnées par Sylvie, une couturière voisine.  Une démarche cohérente avec l’esprit de ce minuscule restaurant de quartier où la proximité n’est pas un argument marketing mais presque une nécessité physique. Claire veut que l’on puisse discuter avec elle pendant qu’elle cuisine, venir demander un bout de scotch, prendre des nouvelles et revenir le lendemain. « Je veux vraiment créer du lien », explique-t-elle.

Dans l’assiette, même simplicité assumée. La journée commence dès 8 heures avec tartines beurre-confiture ou œufs au plat et granola maison accompagné de purée de fruits et fromage blanc. Du café de la torréfaction Deep, des infusions du Père Blaize, des tranches de Pain Salvator : le local à la part belle.

À midi, la petite ardoise change au gré des envies et des saisons. Lors de notre passage : gaspacho de tomate, quiche oignons-comté-olives noires, salade de pois chiches au paprika fumé avec caviar d’aubergine, tomates, feta et amandes torréfiées, ou encore lasagnes de légumes du soleil au parmesan et salade verte. Sandwichs aux œufs et feta, comté-AOP-pickles ou légumes marinés-tahini permettent aussi de déjeuner sur le pouce. Puis viennent les gâteaux du goûter, jusqu’à 17 heures.

Tout est pensé dans une logique de cuisine quotidienne, accessible et sans esbroufe : on prépare, on sert et, quand il n’y en a plus, il n’y en a plus.

Le passé de designer n’est pourtant jamais très loin. Claire imagine déjà ses propres produits (granola, sirop de pêche, concentré de gingembre) avec, forcément, l’envie d’en travailler elle-même les étiquettes et les packagings.

Mameto : et si mamie passait vraiment en cuisine ?

Le nom donne finalement la clé du projet : « Mameto » signifie grand-mère en provençal, explique Claire. Et derrière le clin d’œil affectueux se cache la partie la plus originale de l’aventure.

Il y a une dizaine d’années, lors d’un voyage en Autriche, Claire découvre un établissement où le service est assuré par des grands-parents. L’idée lui reste en tête. Chez Mameto, elle veut aller plus loin en invitant régulièrement des retraités, femmes ou hommes, à venir cuisiner leur propre recette. Pas question de reproduire artificiellement « la cuisine de grand-mère » : ce sont les grands-mères et grands-pères eux-mêmes qui passeront derrière les fourneaux pour transmettre leurs plats, leurs gestes et les histoires qui vont avec.

Le premier cobaye est déjà tout trouvé : son père, retraité, vient lui prêter main-forte quelques jours par semaine. Ses spécialités ? Le croque-monsieur et surtout le pâté aux pommes de terre, recette emblématique de son Allier natal. Claire cherche désormais d’autres retraités prêts à tenter l’expérience, d’abord ponctuellement, avec l’idée de les accompagner pour adapter une recette familiale aux contraintes d’un restaurant.

Car le projet dépasse l’assiette. Claire aimerait enregistrer les récits de ses cuisiniers invités sous forme de podcasts, publier un jour leurs recettes et reverser une partie des bénéfices à des structures liées aux personnes âgées. Elle imagine aussi des ateliers réunissant enfants et grands-parents certains samedis.

Faire à manger pour mieux faire parler, rencontrer et transmettre : Chez Mameto pourrait ainsi devenir bien davantage qu’une sympathique cantine de quartier.

Le Petit Plus : Chez Mameto propose aussi un service traiteur pour vos évènements

Par Eric Foucher / Texte et Photos