Installé rue Lulli derrière l’Opéra, le petit bistrot de Maxence Walker et de son chef de cuisine Jules Anceaux porte bien son nom. Avec dans l’assiette des associations inattendues, en salle comme en terrasse une ambiance conviviale et décontractée, Taquin aime chahuter les goûts et les codes de la gastronomie.
Une aventure née d’un besoin d’indépendance
Ce nouveau bistrot contemporain est une première aventure entrepreneuriale pour Maxence Walker et ses deux associés.
Une table instinctive et chaleureuse, où cuisine méditerranéenne, convivialité et liberté créative se rencontrent dans une ambiance presque familiale.
L’ouverture de Taquin représente bien plus qu’un simple projet professionnel pour le jeune homme. Un accident de scooter survenu il y a dix ans l’éloigne du sport et l’amène presque par hasard vers la restauration.
Après un premier restaurant abandonné pendant le Covid, il ressent le besoin de créer un lieu qui lui ressemble entièrement. Un univers où il découvre rapidement ce qu’il aime profondément : le contact humain, le rythme intense et le fait qu’aucune journée ne se ressemble vraiment.
Une cuisine méditerranéenne instinctive aux associations inattendues
Chez Taquin, la carte se construit avant tout à l’instinct. Le duo imagine des assiettes qu’ils auraient eux-mêmes envie de découvrir au restaurant : des produits de saison, des saveurs franches et des accords parfois déroutants.
Seiche et boudin noir, langue de bœuf et anguille fumée… la cuisine de Jules Anceau (chef de cuisine que l’on avait déjà croisé chez Sole pour l’ouverture) revendique une certaine audace tout en restant profondément gourmande.
Marseille oblige, le poisson y est souvent la vedette et c’est tant mieux.
Ainsi ce midi-là, un cabillaud et son fenouil grillé (un peu sage pour une fois) après une tomate brûlée plantée de fleurs comestibles flottant telle une île écarlate sur une douce émulsion et avant une mousse au chocolat à la pointe de sel et trait d’huile d’olive qui nous achève en beauté.
Pour les produits, le restaurant s’appuie sur des fournisseurs locaux soigneusement choisis : Côté Fish et Mericq pour le poisson, la boucherie L&M pour la viande, le Jardin de Jeannot pour les fruits et légumes ou encore La Boulangerie Aixoise pour le pain. Une approche libre et spontanée qui cherche autant la surprise que le plaisir immédiat.
Un bistrot vivant où la convivialité est le maître mot
Au-delà de l’assiette, Taquin cultive surtout un esprit de maison de copains.
Le duo revendique une ambiance simple, chaleureuse et accessible où toutes les générations peuvent se retrouver, amateurs de gastronomie comme simples curieux. « J’aimerais pouvoir tutoyer tout le monde et me faire tutoyer », explique Maxence.
Cette convivialité se retrouve aussi dans la construction du lieu lui-même : identité visuelle ou décoration ont été imaginées avec des amis proches venus donner un coup de main. L’âme de l’ancien IPPON a d’ailleurs été conservée, notamment à travers le bois omniprésent et la cuisine ouverte, véritable cœur du restaurant. De futurs travaux devraient apporter une touche plus personnelle.
Un espace encore en rodage dont il faudra accepter les petites imperfections, mais pensé comme un lieu de vie avant d’être uniquement une table gastronomique, avec l’ambition assumée de devenir l’une des références de la nouvelle scène marseillaise.
Par Eric Foucher / Photos E.F et Taquin









