Depuis plus de deux décennies, Le Yen s’impose à Marseille comme un repaire pour quiconque se réjouit de réunir sur une seule et même table grands classiques nippons, influences asiatiques voisines et produits d’exception dans un décor pensé pour le voyage immobile.
Un institution locale
Né en 2003 avec la volonté de dépoussiérer la gastronomie japonaise, Le Yen est devenu une véritable institution marseillaise en matière de cusine asiatique qui a depuis essaimé à Aix et Nice.
Sous la houlette du chef d’origine balinaise Irfan Lesmana, les grands classiques nippons s’y mêlent avec élégance à des influences venues de terroirs asiatiques voisins. Résultat : une partition culinaire fusion, révélant le meilleur du Japon — et bien plus encore.
Si d’ordinaire l’alliance du gris et du rouge suffit à japoniser n’importe quel décor de restaurant, ici il n’en est rien. Passée la devanture contemporaine en tôle noire devenue iconique sur l’avenue du Prado, un petit bassin vous accueille avant de se prolonger en un cours d’eau qui file au long de la vaste salle où se succèdent tables pour deux et grandes tablées de tribus.
L’ambiance se révèle conviviale, parfois très sonore, mais toujours réconfortante, à l’avenant des assiettes expédiées depuis les différents comptoirs.
Un Chef, 120 références
Incontournable, le poisson cru est magnifié depuis un premier îlot à travers un large spectre de recettes de nigiris, sushis, sashimis, makis, tataki et temaki.
Les fins connaisseurs – et les moins indécis – les dégusteront à la pièce, d’autres opteront pour de belles associations qui, dressées dans l’assiette par de véritables maîtres, donnent lieux à de colorés tableaux iodés. À partager ou pas.
Thon rouge pêché dans la Grande Bleue, saumon Label Rouge, légumes bio et condiments importés du Japon : chez Le Yen, la générosité ne se fait jamais au détriment de la qualité, un parti pris que l’on goûte dans chaque bouchée profondément umami.
De la street food de haute volée
Non loin de là, le délicat fumet des yakitoris et yakisobas saisis minute sur le teppanyaki est tout aussi attirant. La brochette poulet laquée coiffée de sésame tire sa baguette du jeu, mais les chauvins gourmands, lui préfèreront sans doute la version boeuf et comté à damner un saint.
Les riz parfumés et salades – thaï, de choux et bien d’autres – escortent ces délices. Repus, un second rendez-vous est déjà pris pour découvrir les okonomiyaki, de généreuses galettes à base de blé, oeuf et bouillon, abondamment garnis de choux chinois, oignons cébette et bonites.
Pour étancher la soif des locaux et touristes avisés, vous trouverez de belles quilles provençales.
Le Yen propose surtout une fine sélection de whiskys et Rhums japonais à Ryoma, de saké Togouchi et de nombreuses et disruptives recettes de cocktails subliment des ingrédients d’exception à l’instar du Yuzu, du matcha.
Le Petit Plus : À Marseille, un corner du Yen s’est aussi niché dans les Grandes Halles du Vieux-Port pour se délecter des assiettes du répertoire en plein cœur de ville
Par Astrid Briant (texte et photos)









