À Marseille, Paul Sanchez Peralta incarne avec son espace éponyme une nouvelle génération de galeristes, capables de faire dialoguer les héritages artistiques et les scènes émergentes. Une ligne libre, instinctive, qui fait du lieu l’un des nouveaux laboratoires arty de la ville.
Coup de frais sur la scène marsaillaise
Au 35 rue Breteuil, la Peralta Gallery fait partie de ces lieux récents qui insufflent un nouveau rythme à la scène contemporaine locale.
Elle a été fondée en 2024 par Paul Sanchez Peralta, alors âgé de seulement vingt ans. Depuis les débuts il revendique un grand écart assumé, passant d’une figure historique comme Claude Viallat, pilier de Supports-Surfaces, à des artistes contemporains comme Silvio Mildo.
Originaire de Marseille, le jeune galeristegrandi dans un environnement fortement marqué par l’art, entre une mère passionnée et un grand-père collectionneur, qui lui transmettent très tôt le goût des œuvres et des artistes.
Avant même d’ouvrir son propre espace, il commence brièvement sa carrière comme marchand et agent d’artiste, multipliant les contacts, organisant des projets et développant un regard attentif sur les talents émergents.
Cette expérience précoce nourrit la création de la galerie, conçue comme une plateforme indépendante où chaque exposition donne lieu à de nouvelles productions et à des collaborations étroites avec les artistes.
White Cubes pour œuvres polychromes
Baignée de lumière grâce à ses baies vitrées face au Palais de Justice, elle offre aux artistes deux belles pièces larges cimaises ou tableaux comme sculptes ont la place de respirer.
Depuis son ouverture, la programmation s’enchaîne à un rythme soutenu, affirmant la volonté de faire dialoguer jeunes signatures, artistes confirmés et scènes internationales dans un lieu volontairement accessible et vivant.
L’exposition actuelle, Goodbye to Romance, illustre bien cette ligne artistique, entre figuration contemporaine, influences urbaines et écritures très personnelles. On y découvre entre autres le talent de céramiste d’Eva Pracca et Aran Quin, ou de peintre Florent Groc et Amandine Guruceaga.
La galerie accompagne aujourd’hui des artistes comme Silvio Mildo, Laurent Minguet, Laetitia Delaunay, Ernest Illm, Paul de Toytot, Clémentine Bal, Antwan Horfee, Jackson Neimeth Dickstein, Nicolas Nicolini, Mario Picardo, Hams Klemens, Theo Ouaki, Virgile Belaval ou Romain Fueler, dont les pratiques vont de la peinture narrative à la sculpture, en passant par le dessin ou la céramique.
Certains vivent à Marseille, d’autres travaillent entre plusieurs villes ou à l’étranger, mais tous partagent une même liberté de ton et une attention portée à la sincérité du geste.
Pour les prochains mois, Peralta Gallery prévoit de poursuivre ce rythme d’expositions, de développer des collaborations avec d’autres galeries et curateurs, et d’explorer de nouveaux formats, hors les murs ou dans des lieux temporaires, fidèle à l’idée d’une galerie ouverte, audacieuse et profondément humaine.
Par Eric Foucher / Texte et photos






