Quoi ? : Cuisine d'auteur
Où ? : 11 Rue Guy Môquet 13001 Marseille
Quand ? : Mardi au Samedi Midi et Soir
Combien ? : Plat-dessert-café ou Entrée-dessert-café 22 € / Entrée-plat-dessert café 26 € / Assiette végétarienne 15 €
Transport ? : M1 Noailles / T2 Reformé Canebière
Des Questions ? : 09 87 72 61 73
Un lien ? : Cliquez-ici

Si la gastronomie est une fête, alors elle a trouvé en ces deux frères d’excellents maîtres de cérémonie. Aux portes de Noailles, on s’emballe pour leur cuisine canaille ouverte à tous.

Si Hugues et Eric Mbenda ont choisi l’Orphéon pour appellation de leur nouveau restaurant entre Noailles et le Cours Julien, ça n’a rien d’anodin. Ce mouvements festif et musical, né au début du XIXè siècle et ancêtre des chorales faisait descendre la musique classique et l’opéra dans la rue pour les rendre accessibles au peuple.

Dans un tout autre domaine, celui de la gastronomie cette fois, c’est aussi devenu le motto de ces deux frères originaires du Congo, que de partager avec le plus grand nombre une cuisine de haute volée.

Appelez-là du terme passe-partout de « bistronomie » puisque ces deux-là n’aiment pas trop être rangés dans des cases. Après avoir enfilé les tabliers de belles tables étoilées de Paris et de Londres, Hugues le chef avait juste envie de partager des bons moments avec ses clients et de faire de la gastronomie une fête. La mélodie ne se ferait plus en sous-sol mais devant les convives ,derrière un grand comptoir où peuvent prendre place cinq convives esseulés ou curieux des partitions jouées en cuisine.

Motivé par Eric, son frère entrepreneur reconverti dans la cuisine après un court séjour par l’école hôtelière de Bonneveine et un stage à l’Idéal (il y puisera entre autres les idées de sa carte de vins) c’est à Marseille entre les théâtres des Bernardines et celui du Gymnase, dans un quartier appelé à se transformer en Quartier des arts que le rêve à pris forme.

Le coup de cœur fut immédiat pour ce beau volume aux poutres apparentes et murs décrépis qu’un vert malachite (du nom de la pierre très présente dans les mines congolaise) vient souligner par le bas. Car les enfants de Kinshasa ne voulaient surtout pas tomber dans les clichés de la cantine ethnique. L’Afrique est bien là, mais par petites touches, des assiettes (légumineuses, épices) aux murs où les patchwork encollés et brodés sur des sacs de toile de riz de Charly apportent actuellement une touche de couleurs et de gaité (ndrl : tous les mois la déco sera amenée à changer). Celle que l’on retrouve dans les assiettes d’Hugues et le sourire d’Eric au service.

Le midi, un menu unique qui change tous les jours. Le soir une carte avec deux entrées, deux plats et deux desserts qui elle varie tous les dix jours environ. Pas l’embarras du choix donc mais la garantie de petits plats goûteux, simple d’apparence mais travaillés à la perfection et dressés pour la parade.

Ce midi-là , cela se traduisait dans l’assiette par un espadon mi-cuit et sa purée de carotte à la lavande (pour le clin d’œil à la Provence) et un condiment oignon-gingembre coriandre. En dessert, une mousse au chocolat et poire rôtie arrosé d’un crumble et un concassé de meringue. Sur une base de cuisine française apprise auprès de nos grands chefs, notre as des fourneaux n’aime rien tant qu’ajouter avec un certain goût du risque des influences asiatiques, africaines ou sud-américaines pour varier les couleurs et les textures. Le mille-feuille à la courge proposé le soir-même en est l’illustration parfaite. Sur le papier ça donner envie et dans l’assiette on n’en laisse pas une miette. Encore un belle adresse pour faire chanter le palais !

Le Petit Plus : Avec la volonté de s’ouvrir aux autres, le restaurant invitera dans le futur d’autres chefs pour des menus à 4 mains.

Par Eric Foucher