Quatre associés aux manettes, des nectars qui font mouche, des pizzas affranchies des classiques et une programmation musicale qui donne le La. On trinque, on croque, on muse, on se déhanche.Au Bar Central, l’insouciance mène la danse !
Un concentré de vie
Trente ans de brassage, de joyeux débordements et de comptoir : on ne succède pas au mythique pub Massilia sans quelques égards. Vincent, Thibault, Ethan et Marine l’ont bien compris. Depuis juin, ces quatre complices signent un nouvel acte dans cette institution de la rue Crudère, avec une ambition commune : conjuguer cuisine décomplexée, culture du vin et effervescence musicale.
Tous ont eu l’envie de créer un lieu vivant, généreux, où les plaisirs se croisent sans hiérarchie. Nouvelle peau mais même supplément d’âme.
Sur le terrain ? Volumes décloisonnés, luminosité dopée, esthétique repensée : « Le squelette était là. On l’a juste habillé. » résume tranquillement Thibault. Ici, ce sont deux espaces proposés, deux atmosphères aux partis pris affirmés mais une seule philosophie : celle d’un lieu protéiforme et rassembleur, qui parle autant aux épicuriens qu’aux noceurs.
Une carte qui a du cran
Au rez-de-chaussée, sous un plafond savamment quadrillé de poutres et de luminaires, le four à bois donne le ton (et le chaud !). Aux fourneaux ? Clarisse, cheffe audacieuse passée par Lacanau, dégaine des pizzas à la pâte au levain, patiemment fermentée pendant trois jours.
Une base exigeante pour des compositions qui prennent volontiers la tangente… Comme pour cette pizza au curry vert, poulet et basilic thaï, qui fait déjà des émules.
En renfort ? Des hors-d’œuvre qui fleurent bon la Méditerranée (croquetas, aïoli, socca, moules à la n’duja…) au rythme des saisons et des arrivages locaux. C’est libre, c’est mouvant et ça s’envoie sans faire de manières. Au shaker ? Des cocktails classiques bien ficelés mais aussi des créations plus débridées aux infusions maison.
Côté flacons ? Vincent revendique son penchant pour les vins vivants, entre pépites nature, cuvées biodynamiques et vignerons de conviction.
Et parce que les belles histoires s’écrivent aussi à plusieurs, ce dernier peaufine avec Soma Vines une macération de Sylvaner née d’une escapade en Alsace. Au Bar Central, qui dit plaisir dit panache.
Un vrai double jeu
Quelques marches gravies dans un escalier rougeoyant, façon « passage secret », suffisent à changer de dimension. Là-haut, le Bar Central dévoile une tout autre facette, plus feutrée, plus fantasque : un salon aux résonnances Lynchiennes, avec son damier noir et blanc, ses Chesterfield patinés, ses fauteuils chinés, ses tapis épais, ses rideaux de velours, sa bibliothèque murale et son billard qui aimante le regard.
C’est un séduisant télescopage d’époques, quelque part entre le cabinet de curiosités et le club d’initiés.
Au milieu de ce décor cinématographique, les musiciens performent assis dans un canapé, comme des invités parmi les autres. « Un set-up que je trouve décalé, attirant, enveloppant » ajoute Thibault.
DJ sets house et électro au rez-de-chaussée, concerts live à l’étage : cette programmation sans œillères fait circuler la musique et cultive l’éclectisme.
« On a souhaité conserver toute la dynamique du lieu » conclut Vincent. Mieux encore, le Bar Central déploie une proposition à géométrie variable, sans étiquettes et décidément plurielle. Une adresse taillée pour Marseille.
Le Petit Plus : le mardi soir, la chaloupe reprend du service ! Héritées du pub Massilia, les soirées salsa se perpétuent au Bar Central. Une tradition qui résiste… les aficionados s’en réjouissent !
Texte et photos par Pauline Puaux









