Quoi ? : Espace Culture street art et Hip Hop dans l'ancienne Savonnerie la Tulipe
Où ? : 5 Bd Romieu 13015 Marseille
Quand ? : Tous les W.E jusqu’au 1er Novembre 2026
Combien ? : Entrée Libre
Transport ? : Métro 2 Bougainville
Un lien ? : Cliquez-ici

À Marseille, une ancienne savonnerie reprend des couleurs. L’Aérosol investit La Tulipe, friche industrielle du quartier des Crottes, pour y faire pousser un nouveau lieu XXL dédié au graffiti, au street art et aux cultures hip-hop. Une première tranche de 1 500 m² qui devrait, à terme, en compter 5 500.

De Paris à Marseille, l’aérosol change d’échelle

Avant Marseille, il y eut Paris. En 2017, Maquis-Art transforme un ancien site industriel SNCF de la rue de l’Évangile, dans le 18e arrondissement, en immense terrain d’expression pour les cultures urbaines.

Pendant dix-huit mois, L’Aérosol devient l’un des hauts lieux du street art parisien, mêlant murs libres, événements et un musée réunissant quelque 300 œuvres, parmi lesquelles des signatures comme Banksy, Obey, Invader, Futura 2000, Mode 2 ou JonOne.

Derrière le projet, on retrouve Maquis-Art, fondé en 1997 par David Benhamou pour documenter et archiver le graffiti, et Hip Hop Citoyens, associés pour développer un véritable réseau de lieux consacrés au hip-hop et au street art.

Après l’expérience parisienne, Marseille devient la première implantation pérenne d’un réseau appelé à s’étendre également à Saint-Denis et Toulouse.

Pour poser ses bombes à Marseille, L’Aérosol ne pouvait rêver meilleur décor que La Tulipe. Construite à la fin du XIXe siècle dans le quartier ouvrier des Crottes et fermée depuis 1987, cette ancienne savonnerie témoigne de l’âge d’or d’une industrie qui faisait alors vivre une large partie de la population marseillaise. Ses volumes industriels et ses trois grandes nefs offrent aujourd’hui un formidable terrain de jeu aux cultures urbaines. La reconversion s’inscrit dans un projet plus vaste porté autour de La Tulipe et de l’ancienne Manufacture Moncada, dans le cadre de la transformation du secteur par Euroméditerranée.

5 500 m² pour faire vivre les cultures urbaines

Ce qui ouvre aujourd’hui n’est que la première couche de peinture. L’Aérosol démarre avec environ 1 500 m² accessibles, avant de progressivement déployer ses activités sur les 5 500 m² de l’ancienne fabrique. L’ambition dépasse largement celle d’une simple galerie : créer un véritable lieu de vie, de création et de transmission autour du graffiti et de toutes les disciplines hip-hop.

À terme, les trois halls doivent accueillir un espace muséal et des expositions temporaires, des espaces pour les spectacles, conférences, ateliers et événements, mais aussi une grande rue piétonne intérieure.

Un patio pourra recevoir concerts, performances chorégraphiques, défilés, compétitions sportives ou e-sport et marchés solidaires. Des ateliers de créateurs (les « Sohos ») doivent également prendre place sur le site.

À l’extérieur, murs d’expression et espaces ouverts permettront aux artistes confirmés comme aux amateurs de passer eux-mêmes à la bombe. Bar, restauration et événements doivent achever de transformer cette friche en nouveau spot de vie du quartier. Une philosophie qui se lit déjà sur les murs.

L’Aérosol veut faire dialoguer les générations et les scènes, en donnant une place importante aux artistes marseillais tout en invitant des graffeurs et street artistes nationaux et internationaux.

Pour son lancement, plus de soixante artistes sont réunis et une cinquantaine doivent également intervenir en direct lors de la grande Street Jam Backjump & Friends du week-end inaugural, transformant plus de 200 mètres de murs en œuvre collective à ciel ouvert.

« Ça déborde à la tulipe » : Mister Freeze ouvre le bal

Pour inaugurer ce nouveau temple du graffiti marseillais, L’Aérosol a confié les clés à Mister Freeze.

Depuis 2013, l’association imagine des expositions monumentales d’art urbain dans des lieux atypiques, en faisant se rencontrer figures reconnues, artistes émergents et talents locaux.

Pour Marseille, Mister Freeze travaille en complicité avec les artistes marseillais Nyota et Braga, donnant à cette première exposition un solide ancrage local.

Baptisée « Ça déborde à la Tulipe », l’exposition porte plutôt bien son nom : plus de soixante artistes prennent possession de la savonnerie et de ses murs monumentaux. Ici, pas question de figer le street art sous verre. Fresques, installations et interventions se construisent directement dans le lieu, certaines à plusieurs mains, et continueront à évoluer sous les yeux du public. Plus de 1 500 m² de murs d’expression sont ainsi livrés aux artistes.

Le Petit Plus : Le week-end d’ouverture des 12 et 13 septembre donne le ton avec exposition, peinture live, DJ sets, danse, ateliers et performances. Puis « Ça déborde à la Tulipe » se visitera tous les week-ends jusqu’au 1er novembre 2026. Une exposition inaugurale pensée moins comme un accrochage définitif que comme le premier chapitre d’un lieu appelé, lui aussi, à se transformer en permanence.

Par Eric Foucher / Texte et photos