Quoi ? : Galerie d’Art contemporain
Où ? : 10 rue du Coq 13001 Marseille
Quand ? : Mercredi > Samedi de 11 à 19.00
Combien ? : Entrée libre
Transport ? : Métro M1 / Tram T2 : Réformés-Canebière
Des Questions ? : maxime@madmax.art
Un lien ? : Cliquez-ici

Dans une ancienne banque privée du quartier des Réformés, derrière une façade Belle Époque et une cour au surprenant décor de rocaille, Maxime Vignolles vient de transformer 170 m² chargés d’histoire en galerie d’art contemporain. Baptisée MadmaX - clin d’œil à son prénom et à un projet qu’il reconnaît volontiers un peu fou, plutôt qu’au célèbre film - cette nouvelle venue accompagne l’effervescence artistique qui gagne Marseille.

 

D’une banque d’affaires à une galerie d’art

Il faut pousser la porte du 10 rue du Coq pour mesurer l’ambition du projet. À quelques pas des Réformés, MADMAX s’est installée dans une maison de ville Belle Époque de 350 m² qui abrita pendant près d’un siècle la banque privée Zarifi & Cie, témoin de l’âge d’or commercial et financier de Marseille. Dans les années 1960, ses intérieurs furent aménagés par le décorateur Jacques Quinet.

Plutôt que d’effacer ce passé, Maxime Vignolles a choisi de composer avec lui.

Les grandes bibliothèques, les bancs et une partie du mobilier sont restés en place ; de nouvelles cimaises sont venues se glisser dans le décor et l’Atelier Aïno a accompagné la transformation du bâtiment. Pas de grand geste architectural spectaculaire, donc, mais un travail de mise aux normes et d’adaptation pour faire de ces anciens bureaux un établissement ouvert au public.

La galerie occupe aujourd’hui deux niveaux et environ 170 m². Le reste du bâtiment permet à Maxime d’imaginer un lieu plus hybride, où pourront aussi se croiser vie privée, artistes et événements.

Une manière d’habiter la galerie autant que de la diriger. « Je peux y accueillir les visiteurs comme je le ferais chez moi », résume-t-il.

Et puis il y a cette cour, presque hors du temps, avec son décor de rocaille utilisée lors des vernissages. C’est là que nous avons rencontré le jeune galeriste : un cadre qui résume assez bien MADMAX, entre patrimoine bourgeois marseillais et désir de faire surgir quelque chose de radicalement contemporain.

Le pari marseillais de Maxime Vignolles

Architecte de formation, Normand passé par Paris, Maxime Vignolles connaît Marseille depuis une dizaine d’années. Un chantier effectué au Frioul lui fait découvrir la ville, sa lumière et son caractère. Lorsqu’il commence à réfléchir sérieusement à l’ouverture de sa première galerie, Paris s’impose de moins en moins comme une évidence. Les prix, le manque d’espace et la saturation de la scène parisienne finissent par faire pencher la balance vers le Sud.

Le nom en dit finalement beaucoup. MADMAX n’est pas une référence directe au film : « Je m’appelle Maxime », sourit-il, avant d’ajouter que l’art est aussi « un monde de fous » et son marché « un marché de fous ». Le double sens s’est donc imposé naturellement à un projet qui assume une certaine démesure.

Cette folie est néanmoins très construite. Maxime imagine une programmation « guidée par l’intuition, la curiosité et l’expérimentation », mêlant peinture, dessin, sculpture, broderie ou installation.

Il travaille notamment avec David Pons, fondateur de l’espace curatorial voisin SPF50 et de la maison d’édition marseillaise Tendre, dont le regard vient nourrir les accrochages et la direction artistique de la galerie.

Marseille, nouveau terrain de jeu de l’art contemporain

L’ouverture de MADMAX ne tombe pas n’importe quand. Elle accompagne un mouvement de fond : Marseille attire de plus en plus d’artistes, de curateurs, de collectionneurs et de galeristes séduits par une ville où il reste encore possible de trouver de grands volumes, des ateliers et des lieux atypiques. Autour des Réformés et du boulevard National notamment, de nouvelles galeries et espaces artistiques dessinent progressivement de véritables parcours.

Là où Paris sature et où Berlin est devenue beaucoup moins accessible, Marseille conserve encore des interstices où expérimenter.

Des garages, des entrepôts, des hôtels particuliers ou, comme ici, une ancienne banque peuvent changer de fonction et accueillir de nouveaux usages. « C’est quand même une ville cool et, en plus, une ville qui peut accueillir encore des projets comme ça », souligne Maxime.

Pour son exposition inaugurale, Unfinished, MADMAX frappe fort avec une série inédite de sculptures figuratives en marbre du Tchèque Matouš Háša.

Pour sa première exposition personnelle en France, le jeune artiste formé notamment à Prague, Florence et Londres investit les deux étages autour de la notion de non-finito, héritée de Michel-Ange : des corps semblent émerger de la matière autant qu’y retourner.

Une entrée en matière ambitieuse qui ressemble finalement beaucoup au lieu : quelque chose de volontairement encore en construction, prêt à évoluer au gré des artistes et des rencontres. Dans une ville dont la scène contemporaine accélère à vue d’œil, MADMAX ajoute ainsi une nouvelle pièce au puzzle. Et transforme, joli symbole, un ancien lieu voué à la circulation des capitaux en espace dédié à celle des œuvres et des idées/

Par Eric Foucher / Texte et Photos