Quoi ? : Peintures et mobiliers design
Où ? : Friche de L'Escalette, Impasse de l'Escalette, 13008 Marseille, France
Quand ? : Juillet-Août 2026
Combien ? : 10 € sur réservation
Transport ? : Bus 19 et 20
Un lien ? : Cliquez-ici

Pour l’été 2026, la Galerie dans la Calanque de la Friche de l’Escalette accueille deux expositions inédites : Brasil / France : Design 1950-1970 et Kuame Akoto “Almighty God Art Works”, qui prolongent cette réflexion sur les échanges culturels et les formes de modernité.

Kuame Akoto, l’art populaire ghanéen entre spiritualité et engagement

Formé pendant six ans auprès de peintres d’enseignes, Kwame Akoto s’inscrit dans une tradition populaire née à l’époque coloniale, où la peinture servait à identifier commerces, garages et véhicules.

Prédicateur autant que peintre, et plus connu sous le nom de “Almighty God Art Works” il devient une figure incontournable de l’art populaire contemporain au Ghana en fondant son atelier en 1977 à Kumasi, capitale historique de la culture Ashanti.  Ses tableaux accrochés sur une palissade transforment l’espace public en véritable galerie à ciel ouvert.

Son œuvre mêle scènes de la vie quotidienne, portraits, références religieuses et traditions Ashanti. Chaque peinture est accompagnée de sentences calligraphiées sur le cadre : des maximes pleines de sagesse, souvent teintées d’humour, qui invitent le spectateur à réfléchir à ses comportements.

Alors que le Musée du Quai Branly – Jacques Chirac lui consacre actuellement une importante exposition, la présentation de ses premières œuvres à la Friche de l’Escalette permet de découvrir cette peinture dans un contexte inédit.

Brasil / France : Design 1950-1970, le modernisme sous influences

Le second volet de l’exposition met en regard deux grandes histoires du design du XXe siècle : celle du Brésil, en pleine effervescence créative après-guerre, et celle de la France des grands pionniers de la modernité.

Au cœur du parcours figure l’œuvre du designer brésilien José Zanine Caldas, personnalité hors norme, autodidacte, constructeur de maisons et précurseur de la pensée écologique.

Dès les années 1960, il choisit de travailler exclusivement des troncs d’arbres voués à être détruits, transformés sous les gestes de sculpteurs de pirogues de Salvador de Bahia.

Ses meubles monumentaux, à la fois primitifs et profondément contemporains, témoignent d’un rapport direct à la matière et à la nature.

Parmi les pièces majeures présentées figure la célèbre Namoradeira, littéralement « fauteuil des amoureux », devenue une icône du design brésilien.

Autour de lui dialoguent plusieurs figures majeures du design brésilien, comme Jorge Zalszupin, Francesco Scapinelli ou Sergio Rodrigues, dont les créations élégantes répondent aux œuvres de Charlotte Perriand, Jean Prouvé, Le Corbusier et Pierre Jeanneret.

Dans le cadre brut de l’ancienne friche industrielle, ces meubles prennent une dimension presque sculpturale.

Un parcours où sculptures, patrimoine industriel et architecture ne font qu’un

Au-delà des expositions temporaires, la Friche de l’Escalette est une destination à part entière.

Pas de nouvelles salles à ciel ouvert à découvrir cette année, mais le parcours permanent qui mêle les vestiges de l’ancienne exploitation industrielle, un parc de sculptures modernes et contemporaines et plusieurs architectures emblématiques de Jean Prouvé reste toujours un must.

Plus de soixante ans après sa conception, son célèbre Bungalow du Cameroun apparaît d’une étonnante actualité face aux enjeux environnementaux contemporains.

Tout au long du parcours, les sculptures de François Stahly, Jean Amado, Pierre Tual, Héloïse Bariol et d’autres artistes dialoguent avec les ruines de l’usine et la végétation méditerranéenne.

Elles prolongent l’esprit du lieu : celui d’un musée à ciel ouvert où l’art, l’architecture et le paysage composent une seule et même expérience.

Par Eric Foucher / Texte et photos