Au pied de la mythique montée des Accoules, là où les pavés du Panier racontent encore les histoires d’une ville populaire, une nouvelle adresse cultive un patrimoine que l’on croyait parfois oublié : celui des recettes de nos grands-mères. Bienvenue chez Maison Augustine, l’épicerie des mamies.
L’épicerie des mamies qui remet Marseille à table
Il suffit de pousser la porte pour comprendre que l’on n’entre pas dans une épicerie comme les autres. Ici, le temps ralentit. Une mamie prépare des pâtes fraîches, une autre sort un flan encore tiède du four pendant qu’une troisième raconte volontiers l’histoire d’une recette transmise de génération en génération. Chez Maison Augustine, les produits se dégustent autant qu’ils s’écoutent.
Cette adresse est née naturellement dans le prolongement de la Table d’Augustine, le restaurant imaginé par Antonin Portal autour d’une idée simple.
Faire cuisiner les véritables mamies marseillaises et transmettre leur patrimoine culinaire.
Depuis plusieurs années, des grands-mères venues des quatre coins de Marseille investissent régulièrement les cuisines du restaurant pour préparer leurs spécialités provençales, qui ont d’ailleurs été réunies dans un ouvrage publié aux Éditions Marie Claire.
“J’étais très heureuse de transmettre ma recette”
Parmi elles, il y a Mamie Anne. C’est autour d’une ratatouille provençale accompagnée d’un œuf poché qu’elle fait son entrée dans l’aventure.
« Je suis venue cuisiner avec grand plaisir. Je connaissais déjà le restaurant. J’ai préparé une ratatouille avec des aubergines, des poivrons, des courgettes, des tomates, de l’ail, des oignons… et je rajoute toujours du basilic », raconte-t-elle avec la simplicité de ceux qui cuisinent davantage à l’instinct qu’à la balance.
Quelques mois plus tard, sa recette rejoint le livre de cuisine consacré aux mamies marseillaises.
« Antonin m’a appelée pour me demander si j’acceptais que ma photo figure dans le livre. Bien sûr ! Cela permet de mettre la cuisine provençale des mamies à l’honneur et de transmettre des recettes simples aux jeunes générations. »
Une philosophie qui résume parfaitement l’esprit de Maison Augustine : préserver une mémoire culinaire vivante plutôt que de la laisser dormir dans un vieux cahier de recettes.
Une épicerie où les mamies sont aux commandes
Lorsque le local situé juste à côté de La Table d’Augustine s’est libéré, l’idée s’est imposée d’elle-même.
Pourquoi ne pas prolonger l’expérience en proposant les recettes des mamies à emporter ?
Aujourd’hui, les étagères regorgent de préparations artisanales, sans conservateurs, inspirées des recettes cuisinées au restaurant : sauces, douceurs, plats cuisinés, mais aussi le célèbre flan pâtissier à la vanille de Madagascar ou encore les fameuses brioches au rhum, toutes confectionnées selon les recettes des mamies qui ont participé au projet.
Mais le plus intéressant reste peut-être l’organisation du lieu.
« Nous sommes six mamies et nous tenons l’épicerie à tour de rôle », explique Mamie Anne avec un sourire.
Une retraite bien occupée, où le lien social compte finalement autant que la cuisine.
Plus qu’une boutique, Maison Augustine est un lieu de transmission. On vient pour un plat cuisiné et l’on repart avec un pot de sauce tomate, des pâtes fraîches, un sandwich préparé sur place ou une part de flan, mais aussi avec le récit de celle ou celui qui l’a confectionné.
Par Eric Foucher / texte et photos









