À deux pas du Vieux-Port, Hervé et Linda ont transformé un ancien bar à filles en comptoir iodé où les huîtres se dégustent à l'unité, les pieds ancrés dans la ville. Sept ans après avoir fait de la daube provençale un sandwich de rue, le tandem récidive avec La Mer : une adresse de poche, populaire et généreuse.
Plus sea que street
Derrière les murs de La Mer – bardés d’une fresque évocatrice – Régis, l’écailler, expose sur un banc de glace de beaux spécimens à consommer à l’unité. Bulots, crevettes et huîtres de différentes origines : la généreuse Bouzigues de l’étang de Thau, la Roumégous d’Oléron, et en haut de gamme, la Gilardeau, élevée avec soin sur la même île. De un à trois euros la pièce, chacun compose sa dégustation selon ses envies et son budget. Les crevettes perles de corail de Madagascar complètent le tableau, tandis que tourteaux et bulots assurent le contingent des indécis.
Pour les tribus, Régis compose des plateaux comme des tableaux — à partager sur place ou à emporter — toujours accompagnés d’une quille de Picpoul, alliance rêvée avec l’iode.
Les amateurs de chaud trouveront leur bonheur du côté du poulpe en cornet, des moules gratinées ou de la tielle sétoise. Et quand la météo invite à la lenteur, la soupe de poissons maison, mijotée avec constance, réchauffe les plus frissonnants.
Une terrasse partagée entre deux adresses
La Mer et le Pain à l’Ail – l’adresse mère d’Hervé et Linda où la daube, le lobster roll et le pain bagnat règnent depuis sept ans – partagent une même terrasse.
Les ardoises communiquent, les clients passent librement d’un comptoir à l’autre, un aïoli dans une main, une assiette d’huîtres dans l’autre.
Pour boire, c’est local et simple : bière de la Minotte, brasseur marseillais, ou un verre de cassis, de chardonnay de Côte de Provence — ou mieux, le Piquepoul, l’évidence avec les coquillages. Tout est pensé pour rester populaire et abordable, malgré le vent contraire.
Le Petit Plus : Hervé prévoit d’installer prochainement une consigne à bagages automatisée entre les deux adresses — idéal pour qui souhaite prendre un shot d’iode en arrivant ou en quittant la Cité Phocéenne. Cet été, les glaces Emki Pop font aussi leur apparition en pop-up, pour finir en douceur une dégustation salée.
Par Astrid Briant (texte et photos)









