Au cœur du Parc Borély, le Jardin botanique Édouard-Marie Heckel offre une parenthèse inattendue. Derrière ses allées discrètes se cache un véritable musée du vivant, où plus de 3 000 espèces venues des cinq continents composent un paysage à la fois scientifique et poétique. Un lieu à part, où l’on voyage sans quitter Marseille.
Un héritage scientifique et historique
L’histoire du jardin botanique de Marseille remonte à plusieurs siècles, mais son implantation actuelle au sein du parc Borély date du début du XXe siècle.
Après plusieurs déplacements, la Ville acquiert en 1913 les terrains destinés à accueillir un nouveau jardin, inauguré en 1918. Pensé dès l’origine comme un lieu d’étude, d’acclimatation et de transmission, il devient rapidement un outil scientifique majeur.
Baptisé du nom du botaniste marseillais Édouard-Marie Heckel, le jardin s’inscrit aujourd’hui dans une démarche contemporaine : préserver la biodiversité, sensibiliser le public et valoriser les plantes du monde entier.
Un lieu à la croisée de la science, de la pédagogie et de la promenade.
Une mosaïque de jardins, entre contemplation et exploration
Le Jardin botanique se découvre comme une succession de paysages, chacun racontant une culture, un climat ou un usage des plantes.
- Le jardin chinois
Inauguré en 2004 dans le cadre du jumelage entre Marseille et Shanghai, il respecte les codes traditionnels chinois et cherche à recréer une nature idéalisée.
Pavillon, kiosque et bassin peuplé de carpes koï composent un décor délicat, propice à la contemplation.
- Le jardin japonais
Créé en 2011 pour célébrer les 50 ans du jumelage entre Marseille et Kobe, ce jardin de promenade autour d’un étang (Chisen kai yu shiki) invite à la sérénité.
Entre pavillon de thé, rochers, cours d’eau et végétation soigneusement choisie (plus de 100 espèces), il offre un véritable espace de méditation.
Chaque automne, il accueille la Fête de l’Automne, renforçant son lien culturel avec le Japon.
- Le jardin des plantes médicinales
Inspiré des jardins de simples du Moyen Âge, il présente des plantes aux vertus thérapeutiques, classées selon leurs usages : digestion, peau, système nerveux… Un espace à la fois pédagogique et sensoriel.
- Les plantes d’Afrique du Sud
Avec près de 300 espèces, cet espace illustre l’extraordinaire biodiversité sud-africaine. Entre plates-bandes extérieures et serre dédiée aux plantes succulentes, on découvre une flore adaptée à des conditions extrêmes.
- Le jardin des plantes grimpantes
Créé autour de pergolas, ce jardin rassemble près de 100 espèces venues des cinq continents. Une promenade ombragée où les végétaux s’élèvent et s’entrelacent, parfaitement adaptés au climat méditerranéen.
- Le jardin des plantes succulentes
Dans un aménagement contemporain, il met en scène une collection d’agaves et de cactées capables de résister à la sécheresse. Les espèces les plus fragiles sont protégées sous serre, créant un contraste intéressant entre extérieur et intérieur.
- Le palmetum
Ici, une soixantaine d’espèces de palmiers venues du monde entier cohabitent dans un espace ouvert. Un paysage dépaysant qui évoque à lui seul plusieurs continents.
- Le jardin méditerranéen
Conçu comme un jardin sec, il rassemble des plantes adaptées aux climats similaires à celui de Marseille. Restanques, rochers, mare et cascade structurent cet espace typique, à la fois esthétique et résilient.
- Le potager
Dernière étape du parcours, il propose une sélection de légumes botaniques venus du monde entier, cultivés sous climat tempéré. Un espace vivant qui relie botanique et alimentation.
Le Jardin botanique de Marseille représente ainsi un héritage scientifique précieux, un voyage à travers les paysages du monde et une promenade immersive entre culture, nature et savoir.
Le Petit Plus : Plus modeste mais aussi mais également intéressante – surtout quand elle est en fleurs – ne ratez pas la Roseraie non loin de là.
Par Eric Foucher / Texte et photos









