Quoi ? : Peintures, dessins, sculptures
Où ? : Musée Regards de Provence, Rue Vaudoyer , 13002 Marseille
Quand ? : 2 avril au 27 septembre 2026
Combien ? : Plein tarif 8.50 € / Réduit de 4 à 8 €
Transport ? : bus n° 82 et n° 82 s (Arrêt Littoral Major ou Fort Saint Jean)
Des Questions ? : 04 96 17 40 40
Un lien ? : Cliquez-ici

Avec l’exposition « Habiter », présentée au Musée Regards de Provence, l’artiste Gilles Barbier propose une immersion singulière dans une œuvre aussi foisonnante qu’inclassable. Installé à Marseille depuis plus de trente ans, il développe depuis les années 1990 une pratique protéiforme mêlant peinture, sculpture, dessin et écriture, pour interroger notre rapport au corps, au langage et à la mémoire.

Une œuvre en mouvement, hors des cadres

Refusant toute idée de style figé, Gilles Barbier (voir son ITW ici) construit une œuvre en constante évolution, faite de séries, de dérives et d’expérimentations.

Son travail ne progresse pas par projets isolés mais par « poussées », comme une pensée en train de se faire.

Au cœur de cette démarche, le « Jeu de la Vie » agit comme un principe générateur, nourrissant une prolifération de formes et d’idées. Cette logique organique irrigue l’ensemble de son œuvre, qui se déploie dans le temps long et échappe aux catégories traditionnelles de l’art contemporain.

 « Habiter » : une exposition traversée par le temps

Rassemblant une quarantaine d’œuvres, certaines créées pour l’occasion et d’autres remontant aux années 1990, l’exposition au Musée Regards de Provence met en lumière un fil conducteur essentiel du travail de Barbier : celui d’« habiter » .

Le parcours s’organise autour de trois axes – habiter la peinture, habiter le corps, habiter le temps.

Il invite le visiteur à explorer ces différentes dimensions. Sans être une rétrospective, l’exposition révèle la cohérence profonde d’une œuvre qui interroge depuis plus de trente ans notre manière d’être au monde.

Faire des œuvres des lieux à vivre

L’une des singularités de Gilles Barbier réside dans sa manière de transformer les œuvres en espaces.

Ici, il ne s’agit plus seulement de regarder un objet, mais d’entrer dans un lieu. Corps, langage et matière deviennent des territoires à explorer, des paysages à habiter.

Dans cette approche, l’artiste ne cherche pas à posséder ou à dominer, mais à coexister avec ce qu’il crée. Ses œuvres invitent à une expérience sensible et introspective, oscillant entre humour, étrangeté et mélancolie. Une manière, finalement, de repenser notre rapport au monde, non comme un espace à conquérir, mais comme un lieu à partager.

Par Eric Foucher  /  Texte et Photos