Quoi ? : Café-cantine vietnamien
Où ? : 31 rue de la Loge 13002 Marseille
Quand ? : Mercredi > Dimanche de 11.00 à 17.00
Combien ? : Banh mi à partir de 8.50 € / Glace 6 € / Café vietnamien 4 €
Transport ? : Bus 49 et 60/ Ferry Boat arrêt Mairie
Un lien ? : Cliquez-ici

Chez Cà phê đa , le banh mi se déguste sans chichis, la soupe pho embaume le cœur et le café se boit glacé, comme au Vietnam. Tous deux nourris d'expériences dans de belles maisons, de voyages inspirants, Anh Dao et Émile proposent une cuisine ultra travaillée et pourtant très accessible. Entre street food quali et cantine de quartier, c'est un voyage sans quitter le port.

Le Vietnam version miam

Cà phê đá, c’est d’abord un nom qui donne le ton : si on décortique, c’est littéralement « le café glacé », une tradition vietnamienne. Mais ici, l’expérience s’étoffe en dépassant le nectar.

À la carte, on se pourlèche de classiques revisités avec autant de maîtrise que de sensibilité.

En tête de gondole ? Le banh mi, qui se décline en plusieurs versions canons :  au porc (l’absolue tradition), au tofu grillé (un boom de saveurs pour les végé), au poulet et à la pêche du jour. Et toujours, une attention particulière portée au sourcing, jusqu’à la criée du Vieux-Port pour les produits de la mer (seiches, calamars, sardines…). Avec le supplément d’âme du Vietnam, comme pour cette recette typique façon « poisson tomaté ».

En plus de ces banh mi si tasty, d’autres mets proposés se font remarquer : fried rice, soupes de bouillon pho pleinement infusées, chicken wings nappés de caramel nuoc-mâm, citronnelle et kéfir… sans oublier les glaces maison qui flirtent avec le dessert signature.

Notre coup de cœur ? La version Pandan (une herbe asiatique aux notes de vanille et de coco), twistée ici avec des feuilles de figuier et servie, si on le souhaite, dans un cornet chocolat blanc et sésame noir. En clair, un grand miam du plat au dessert.

Cuisine soignée pour street food revisitée

Ce qui se note, dans cette charmante cantine, c’est le niveau de précision de sa proposition. Derrière chaque recette, il y a du temps, du geste, une véritable intention. Comme pour la mayonnaise du banh mi, montée avec une huile au bois de hêtre. La poitrine de porc ? Cuite toute la nuit et préparée en amont. Résultat ? Une peau si croustillante… Les experts en jugeront. Même le tofu vegan passe par la case grillade, relevé d’un relish citronnelle, gingembre et cébette. Les papilles sont en fête !

Ici, donc, tout est fait maison, c’est réconfortant et profond. Cette approche exigeante, et presque gastronomique, a été intelligemment pensée pour un format accessible et vite servi.

Ce grand écart maîtrisé raconte aussi le parcours d’Anh Dao et d’Émile : de nombreuses années en cuisine, entre bistrots et maisons étoilées. En plus-value ? Une transmission familiale bien ancrée. « Ma mère et ma grand-mère viennent parfois prêter main forte » confirme Anh Dao. Une façon de mettre de l’intimité dans cette démonstration culinaire de haut niveau.

Une cantine de quartier « bien habitée »

Installé aux abords du Panier, Cà phê đá s’inscrit dans l’évolution d’une dynamique de quartier. À l’intérieur, c’est le comptoir « effet PVC » qui structure l’espace. La déco, elle aussi, est un récit : bois, terrazzo, marbre onyx, affiches colorées, clins d’œil à l’univers du tattoo, objets chinés en Asie … « C’est la même déco que chez moi !» s’exclame Anh Dao. En somme, un mix de couleurs, de matières et de vie.

Qu’on ripaille expressément ou qu’on souhaite s’attarder, la terrasse aux tables colorées est une invitation à « vivre » la dégustation.

Et il faut dire que les clients circulent :  employés de bureaux, foodies impatients, touristes en goguette, voisins attirés par ces si bons fumets… La clientèle, hybride, est à l’image du projet.

Le Petit Plus : ledit café vietnamien glacé mérite le détour… Grains Robusta, torréfaction au bon tempo, notes de noisette et cacao. La fraîcheur qu’il nous faut !

Par Pauline Puaux / Photos : Pauline Puaux, Sonia Hamouda.