Avec Cielo Trattoria, une nouvelle page s’écrit au cœur de la boutique Jogging. On y vient autant pour manger que pour partager un bon moment autour d’une table vivante, élégante mais surtout amoureusement italienne.
Une table marseillaise qui écrit un nouveau chapitre
Installée dans une des salles de cette ancienne boucherie investie il y a plus de dix ans par la boutique Jogging, cette table a toujours cultivé un esprit libre, entre lieu de vie, restaurant et laboratoire culinaire. Mais depuis peu, finis les chefs en résidence saisonnière : place désormais à une table installée, assumée, pensée pour durer.
La nouvelle histoire a été écrite avec beaucoup de finesse par Édouard Pellicci, Marseillais d’origine et directeur artistique, ceci expliquant cela. Il est revenu dans sa ville avec l’envie d’imaginer une trattoria vivante, fidèle à l’idée qu’on se fait d’une maison italienne où l’on revient souvent.
À ses côtés, Thierry Bernardi, ancien directeur des Mama Shelter, veille à l’accueil et à l’esprit du lieu, avec cette attention particulière aux détails qui font les adresses où l’on se sent immédiatement bien.
Le soir, la lumière se fait plus douce, les bougies s’allument sur les tables nappées et le ballet des assiettes commence. Une certaine élégance à l’italienne, même dans les décors les plus bruts.
Une cuisine italienne généreuse, vivante et sans folklore
En cuisine, le chef italien Alessandro Allegri offre une approche simple et gourmande de la gastronomie transalpine, fidèle à la tradition sans jamais tomber dans la caricature.
À ses côtés, Sarah Fruteau de Laclos et Laurie Gravagna, sommelière, participent à construire une table cohérente, pensée pour le partage.
La carte suit le rythme classique d’une trattoria : antipasti, primi, secondi, contorni, desserts… mais avec une vraie exigence dans le sourcing produits et les cuissons.
On commence par des olives de Cerignola, des anchois de Cetara, des Cicioli (ndlr: peau de porc frite, un première pour nous) et des endives rôties pour une délicieuse mise en bouche.
Puis sont servis les plats plus copieux : pappardelle au ragoût d’agneau, spaghetti à l’encre de seiche et poutargue une très généreuse et goûteuse Cotolletta alla Bolognese (côte de veau, jambon, parmesan et fond brun bien corsé). Le poisson et sa sauce alla putanesca sera avalé sans broncher également. C’est « gourmand » comme dirait l’autre ….
Les desserts restent dans la même veine, simples et réconfortants (tiramisu, cannolo sicilien ou torta au chocolat et noisette) pour une cuisine qui ne cherche pas l’esbrouffe, mais le goût.
Negroni, vins italiens et patio discret
A l’entame du repas, le Negroni (célèbre cocktail florentin à base de gin, de vermouth rouge et de Campari) s’impose comme une évidence avant des tester quelques fameux crus de la botte.
La cave fait naturellement la part belle à l’Italie, avec une sélection qui traverse presque toutes les régions : Toscane, Ombrie, Piémont, Campanie, Sicile…
Et puis il y a ce patio, caché dans l’arrière-cour, à l’ombre d’un platane. Un refuge inattendu en plein centre-ville, où l’on prolonge le déjeuner ou le dîner, où les conversations s’attardent, où l’on retrouve cette sensation rare d’être ailleurs – en tout cas loin de la Préfecture de Marseille pourtant à deus pas.
Par Eric Foucher / Texte et photos









