Quoi ? : Club/Salle de concert
Où ? : 22 rue Jobin 13003 Marseille
Quand ? : Vendredi et samedi de 23.00 à 05.00
Combien ? : Entrée de 12 à 16 €/ Bière 5€ / Verre de vin 4 € / Cocktail 10€
Transport ? : T3 Palais Longchamp
Des Questions ? : direction@animalsindustry.fr
Un lien ? : Cliquez-ici

À la Belle de Mai, la nuit change (enfin) de tempo. L’espace Vieux Métaux, sa salle Dodu et son club Unité 22 — qui forment une seule et même entité — proposent un nouveau terrain de jeu pour les amateurs de musique et de dancefloor. L’expérience y est aussi libre qu'exigeante musicalement.

Un collectif, une vision, un club

À Marseille, les nuits ont longtemps tâtonné pour trouver des espaces de fête underground et bien pensés. Trop grand, trop mainstream, pas toujours assez safe…

Et puis parfois, les choses s’alignent. Il suffit d’un hangar abandonné dans un quartier effervescent et d’un collectif ancré qui s’y projette.

Tout commence avec Animals Industry, collectif monté en 2017 par Mathieu, un chef de meute très inspiré. D’abord des soirées, dans des galeries d’art ou des salons de coiffure, puis des résidences (sold out) au Chapiteau et aux Docks des Suds. Mais avec le temps, l’envie évolue vers des formats festifs plus spontanés et plus intimistes.

Violaine, une des co-fondatrices solaires du collectif parisien Vénus Club, devient le bras droit de Mathieu. Ensemble, ils affinent leur vision : un club précis, immersif et à taille humaine (400 personnes maximum). Lorsqu’ils visitent ce hangar vide — ancien atelier de sidérurgie — le potentiel extra-ordinaire du lieu leur saute aux yeux. Hazem, également à la tête du Molotov et de l’Intermédiaire, rejoint le projet. Un an de travaux plus tard, Vieux Métaux renaît et devient rapidement le nouveau QG des nuits alternatives.

Trois formats, une même énergie

Vieux Métaux est donc une aventure collective portée par Violaine, Mathieu et Hazem.

Un lieu hors normes pensé comme une scène musicale protéiforme. Les univers se croisent mais ne se marchent jamais dessus.

À l’intérieur, deux formats se répondent. Dodu, d’abord, la scène live pilotée par Hazem, qui oscille spontanément entre hip-hop, Cumbia et grooves inattendus. « Du live éclectique, sans fil rouge trop rigide », résument Violaine et Mathieu. Une programmation ouverte qui parle autant aux curieux qu’aux mélomanes de la cité.

Et puis il y a Unité.22, le cœur battant d’une nouvelle ère clubbing. Deux soirs par semaine, le lieu s’anime autour de la bass music, de la techno, de la trance et d’hybridations qui font vibrer la scène musicale actuelle.

Les résidences — Maraboutage ou encore Yenkov.yo, qui n’est autre que Violaine — et une communauté fidèle donnent au club son âme à part entière, son énergie singulière. Underground, oui, mais toujours à la lisière de l’alternatif : une position que les trois associés assument sans sourciller.

Protéger la fête

Ici, l’ADN du lieu dépasse la simple esthétique. Quelle est-elle ? Brut, cubique, minimaliste, d’une beauté presque statique.

En format club, photos et vidéos sont interdites : à l’entrée, un sticker vient recouvrir l’objectif des téléphones. Non pas pour cultiver le secret, mais pour préserver l’expérience instantanée de la soirée.

Chaque billet reverse également 50 centimes pour financer des équipes de maraudes en milieu festif, afin de rendre les évènements plus sécurisés.

Si l’on ajoute à ça des prix accessibles (à l’entrée comme au bar) et une collaboration avec les associations du quartier pour éviter toute logique de gentrification, on obtient un club qui pense autant à sa propre fête qu’à ce qui l’entoure.

La clientèle ? Des trentenaires habités, parfois novices, souvent conquis, qui redécouvrent le plaisir de se lâcher sans pression.

Pour Violaine et Mathieu, Marseille reste le meilleur laboratoire d’expression : une ville rebelle mais accessible, où les scènes se métissent pour mieux se réinventer. Au sein des Vieux Métaux — espace atypique niché au cœur de la Friche — Unité.22 raconte déjà une histoire « presque familiale » et décidément engagée. C’est certes tout frais mais la sauce est déjà bien montée.

Texte : Pauline Puaux/ Photos : Pauline Puaux, @khniom_itissi, @qahog.omg, @yenkov.yo, @lebolay.paul