Due Porte, c’est une cuisine italienne familiale, sans triche, portée par un chef napolitain sincère et généreux. Un lieu où les pâtes racontent une histoire, où les murs parlent d’art, et où deux portes restent grandes ouvertes sur le partage.
De Naples à Marseille, un aller simple pour la Méditerranée
Après douze années passées à Paris, Simone Falco a choisi Marseille comme nouveau port d’attache. Un choix presque évident. « Je voulais venir ici parce que Marseille ressemble beaucoup à Naples : la chaleur, l’accueil, les sourires », confie-t-il. Une ville méditerranéenne brute, vivante, populaire, à l’image de sa cuisine. Le lieu aussi raconte une histoire.
Anciennement la Cave des Trois Rois, puis l’Arôme, l’adresse réunissait deux pas-de-porte distincts. De là est né le nom Due Porte, littéralement deux portes en italien, symbole de passage, de lien et de circulation.
Un clin d’œil architectural devenu manifeste : ici, on entre pour manger, mais surtout pour se rencontrer. Autodidacte, Simone revendique une cuisine sans artifice. « Moi, j’ai été élevé au régime sel, poivre et huile », sourit-il. Une phrase qui résume parfaitement l’ADN de Due Porte.
Une cuisine familiale, sincère et profondément italienne
Chez Due Porte, la carte puise directement dans les souvenirs d’enfance du chef. Issu d’une famille modeste, entouré de quatre frères, Simone a grandi autour de grandes tablées.
« Ma mère nous faisait d’énormes plats de pâtes et des tiramisus », raconte-t-il. Cette générosité-là irrigue chaque assiette.
La spécialité de la maison : les pâtes fraîches au blé dur, sans œuf, pour une texture plus ferme, plus al dente, fidèle à la tradition napolitaine.
Les plats signatures, et les plus demandés, sont sans surprise les linguine aux palourdes et les paccheri, préparés avec une précision toute méditerranéenne.
La carte change tous les mardis, au rythme des arrivages et des saisons. De nombreux produits arrivent directement de Naples, tandis que le reste est sourcé avec exigence. Une cuisine vivante, jamais figée, qui suit le marché plus que les tendances.
Un restaurant comme lieu d’échange et de solidarité
Mais Due Porte ne se raconte pas seulement à travers l’assiette. Les murs du restaurant servent aussi de cimaises à des artistes. Photographes, plasticiens ou peintres investissent régulièrement l’espace. Simone organise les vernissages et, en échange, reçoit une œuvre. Pas de contrat, pas de commission : un accord tacite, humain.
Une philosophie qu’il résume avec un dicton napolitain affiché comme une ligne de conduite : « ’Na mano lava n’ata, e tutt’e dduje se lavano ’a faccia. » (Une main lave l’autre, et toutes les deux se lavent le visage).
Un proverbe qui parle de solidarité, d’entraide et de réciprocité, valeurs que le chef revendique à l’heure où, selon lui, « le portable et les réseaux sociaux nous font perdre le sens de l’échange ».
Après les photographes Déborah et Lamia, Due Porte s’apprête à accueillir une nouvelle exposition, poursuivant cette volonté de faire du restaurant un lieu vivant, où l’on nourrit autant l’esprit que le corps.
Par Eric Foucher / texte et photos









