Quoi ? : Bistronomie orientale
Où ? : 27 Rue d'Aubagne 13001 Marseille
Quand ? : Mercredi > Vendredi de 8.30 à 10.30 et 12.30 à 14.30
Combien ? : Entrées 7.5 € / Plat végétal 13 €/ Poisson 17 €
Transport ? : M2 et T2/T3 Noailles
Des Questions ? : 04 91 55 70 13
Un lien ? : Cliquez-ici

Un vent de créativité souflle sur la rue d’Aubagne avec l’arrivée de Yima qui nous fait découvrir une cuisine levantine souriante et féminine. Ella Aflalo nous séduit avec ses recettes inventives inspirées de ses racines israélo-marocaines.

Que signifie Yima? Tout simplement « Maman » (Mélange de Yema en arabe et Ima en hébreux) car on y sert une cuisine familiale et généreuse, faite par des femmes. Mais attention des femmes brunes, méditerranéennes, de caractère qui mènent le monde par le bout du nez à la simple force de leur cuisine.

Ella Aflalo est à la tête de cette fine équipe. Elle sait depuis toujours qu’elle sera cuisinière. Classes faites à l’institut Paul Bocuse de Lyon, elle cumule des expériences variées dans la bistronomie. Après un passage par Top Chef, elle fait un passage remarqué par la cuisine de Jogging et laisse entrapercevoir son infini talent aux marseillais. Elle y rencontre d’ailleurs son futur associé et l’aventure Yima peut enfin commencer.

Prenant le contre-pied des décors surchargés (les amataus de chalala seront décus) cette cuisine orientale réinventée trouve place dans un décor minimaliste et élégant. Aux manettes l’architecte Pierre Lacroix à qui l’on doit l’Hôtel particulier à Montmartre et nos deux associés qui ont chiné de nombreuses pièces vintages. On est séduit par l’enfilade de lampes Guzzini vintage au dessus du bar, les appliques années 70, le vert bouteille serti de doré au mur sans oublier le parquet en bois massif qui vient tout droit de la SNCF. Un souci du détail en déco (les toilettes valent le détour) que l’on retrouvera dans les assiettes.

L’imposant comptoir sépare le restaurant en deux parties et offre aux chanceux des places aux premières loges. Assis sur des chaises hautes, on peut admirer le ballet des cuisinières en tablier, savamment orchestré avec douceur mais fermeté par Ella. Elles viennent d’Algérie, du Maroc, d’Israël, de Turquie ou de Marseille. Leurs mains toujours en action tranchent, pétrissent, cuisent et dressent les assiettes des convives. On est captivé par ce ballet compliqué dans un espace aussi confiné qui accouche pourtant de tableaux colorés qui donnent plus envie les uns que les autres.

La carte de la semaine laisse la part belle aux plats végétariens comme cette patate douce rôtie, harissa maison à l’amande, grenade, cerfeuil et sumac. Le mélange des couleurs et des textures est bluffant. On admire la grande maîtrise culinaire derrière l’apparente simplicité des plats. Les amateurs de poissons ou viandes ne seront pas en reste, probablement happés par les tentacules de poulpe, confit de pois chiches aux oignons, carottes épicées, pickles et sésame.

La carte change le week-end pour laisser place au brunch. Imaginez-vous à un déjeuner de famille chez votre grand-mère d’Oran. Vous y trouverez des plats à partager comme ce loup entier aux herbes fraiches ou le fameux Shakshouka de maman (spécialité israélienne).

La cuisine est-elle le dernier territoire capable de mettre tout le monde d’accord ? Ce restaurant qui marie ceux qu’on voudrait toujours opposer en est le plus bel exemple.

Le Petit Plus :  Une seule table en terrasse pour le moment mais la future piétonisation de la rue d’Aubagne devrait bientôt permettre à davantage de clients de profiter du soleil et du spectacle de la rue.

Par Nathalie Boscq