Quoi ? : Galerie d'art et design
Où ? : 38 Rue Henri Tasso 13002 Marseille
Quand ? : Du mardi au samedi, de 11h à 13h et de 14h30 à 18h30
Combien ? : À partir de 50€
Des Questions ? : 06 30 44 07 59
Un lien ? : Cliquez-ici

Grand comme un mouchoir de poche, ce cabanon urbain nourrit pourtant une grande ambition : vous faire aimer les arts du XXème siècle à travers une sélection parcimonieuse de mobiliers, petits objets et Editions d'arts.

Le nom même du lieu au pluriel optionnel révèle ce qu’a voulu en faire Paul Jesslen, son instigateur. Un espace consacré à l’art moderne du 20ème siècle au singulier mais aussi à tous les artistes qu’ils soient peintres, designers ou céramistes qui s’y sont référés au pluriel.

Notre homme, alsacien d’origine a travaillé pendant plus de quinze ans dans des musées d’arts décoratifs, à commencer par celui du papier peint à Mulhouse mais aussi à la communication d’institutions d’art contemporain comme la Panacée ou le Carré Sainte-Anne à Montpellier. Ce commerce n’est pas une première puisqu’il a déjà eu une boutique à Lyon baptisée l’Esprit Nouveau, inspirée déjà par le Corbusier et toute la tendance créative de la reconstruction après-guerre.

« Ça fait des années que je me refuse à venir à Marseille en trouvant toutes sortes d’excuses alors que c’était comme une évidence. C’est quelque chose qui vient de loin». Le voilà donc dorénavant niché dans ce petit local avec mezzanine non loin du Vieux-Port, qu’il traverse tous les jours en ferry pour se rendre au travail.  Sur une étagère, figure en bonne place un ouvrage sur la reconstruction de Marseille et sur d’autres des références nombreuses à son architecte fétiche (mais aussi artiste, on l’ignore trop souvent) Le Corbusier.

Le lieu noir et blanc, très sobre, peut déstabiliser le visiteur. Un choix qu’assume le galeriste qui a décidé de n’exposer que peu à la fois. Des œuvres d’art, des petites pièces qui ont une importance dans l’histoire du design mais aussi quelques œuvres issues des arts premiers qui, on le sait, ont nourri les regards des artistes dans la première partie du XXème siècle, les cubistes en premier lieu. Egalement accrochées aux murs (à hauteur d’homme ou plutôt de Modulor, l’unité de mesure de Le Corbusier) des sérigraphies de Jo Niemeyer (art construit), des estampes, des pochoirs à la gouache de Sonia Delaunay que Paul Jesslen pourra vous expliquer par le menu.

A l’étage, la sélection est plus design avec une lampe à UV de Charlotte Perriand des années 50, des chaises de Friso Kramer (le Jean Prouvé néerlandais) ou encore des vases années 80 très originaux.  Toujours cette approche humaniste et une dimension esthétique qui prime dans la sélection de œuvres sur le concept ou l’abstraction.

Le petit plus : Moderne/s pourra offrir des réponses aux heureux propriétaires ou locataires d’appartements chargés d’Histoire (les constructions de Le Corbusier, Pouillon, ou Castel par exemple à Marseille) qui souhaitent les décorer d’œuvres qui en respectent l’esthétique et l’histoire. Aux autres peut-être l’envie de démarrer une petite collection …

Par Eric Foucher